Le marché des stablecoins continue de se structurer en Europe. Qivalis, un projet de stablecoin adossé à l’euro porté par un consortium de 37 banques européennes, vient de franchir une étape majeure : l’obtention de son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale des Pays-Bas (DNB). Une nouvelle qui rapproche le projet de son lancement officiel, dans un paysage réglementaire désormais dominé par le règlement MiCA.
Un stablecoin euro soutenu par les grandes banques européennes
Lancé en 2025, le projet Qivalis se distingue par l’ampleur de son tour de table. Le consortium réunit 37 institutions financières prestigieuses : BNP Paribas, ING, UniCredit, mais aussi Raiffeisen Bank International, KBC, SEB ou encore DZ Bank. Cette coalition illustre une tendance forte : les acteurs bancaires traditionnels ne veulent pas rater le tournant des stablecoins cryptés et choisissent de construire leur propre infrastructure.
Pour rappel, un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est adossée à un actif stable, généralement une monnaie fiat comme le dollar ou l’euro. Le but : combiner la rapidité et la programmabilité de la blockchain avec la stabilité d’une devise classique.
Que signifie cet agrément de la DNB ?
L’agrément obtenu par Qivalis est un EMIL (E-Money Institution License), c’est-à-dire une licence d’établissement de monnaie électronique. Concrètement, cela autorise le consortium à :
- Émettre des tokens adossés à l’euro ;
- Détenir et gérer les réserves correspondantes ;
- Opérer sous la supervision directe d’un régulateur européen reconnu.
Cet agrément s’inscrit pleinement dans le cadre de MiCA (Markets in Crypto-Assets), la régulation européenne entrée en application en 2025 qui impose des normes strictes aux émetteurs de stablecoins : constitution de fonds propres, transparence sur la composition des réserves, audit régulier et droit de rachat garanti pour les utilisateurs.
Pourquoi miser sur un euro numérique ?
Avec plus de 200 milliards de dollars de capitalisation, le marché reste aujourd’hui largement dominé par les stablecoins en dollars (USDT, USDC). Les stablecoins en euros peinent encore à s’imposer, malgré leur utilité évidente pour les paiements intra-européens, le change de devises et la tokenisation d’actifs réels.
Quelques projets existent déjà, comme EURCV de Société Générale (sur Ethereum), ou EURe émis par Monerium. Qivalis cherche à se différencier par son ampleur industrielle et sa légitimité institutionnelle.
Une adoption qui dépendra des cas concrets
Pour qu’un stablecoin euro rencontre son public, encore faut-il qu’il réponde à des usages réels. Les banques du consortium misent sur plusieurs cas de figure :
- Les paiements transfrontaliers en euro, plus rapides et moins chers ;
- La tokenisation d’actifs financiers (obligations, fonds, actions) ;
- Le change de devises on-chain, utile notamment pour les entreprises et la DeFi.
L’un des défis techniques reste le choix de la blockchain sous-jacente. Le consortium n’a pas encore communiqué publiquement sur cette décision, mais les choix les plus probables incluent Ethereum, des Layer 2 comme Base ou Arbitrum, ou encore des blockchains orientées institutions comme Quorum ou Hyperledger.
Comment se positionner avant le lancement ?
Même si le token n’est pas encore émis, les investisseurs intéressés peuvent d’ores et déjà se préparer. Voici quelques pistes concrètes :
- Choisir une plateforme de référence pour acheter et stocker des cryptos, comme Kraken ou Bitvavo, particulièrement populaire en Europe ;
- Sécuriser ses avoirs dans un portefeuille hardware comme Ledger, indispensable pour stocker des tokens en autonomie ;
- Suivre attentivement la documentation officielle de Qivalis pour connaître la blockchain d’émission, les conditions de rachat et les partenaires de distribution.
Conclusion : un signal fort pour l’écosystème crypto européen
L’obtention de cet agrément par Qivalis marque un tournant symbolique. Pour la première fois, un projet de stablecoin euro porté par un consortium d’une telle ampleur obtient une licence officielle dans l’Union européenne. Si le lancement se passe bien, Qivalis pourrait devenir la pierre angulaire d’une infrastructure financière on-chain en euro, à l’heure où les banques traditionnelles cherchent à combiner la stabilité du système bancaire avec l’innovation de la blockchain.
Reste maintenant une inconnue : la date exacte d’émission du token et la blockchain d’ancrage. Une chose est sûre : la course à l’euro numérique est officiellement lancée.



