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MiCA et stablecoins : Circle et Tether contestent les règles

⏱️ 3 min de lecture

Les géants des stablecoins, Circle (émetteur de l’USDC) et Tether (émetteur de l’USDT), montent au créneau contre la réglementation européenne MiCA (Markets in Crypto-Assets). Au cœur du conflit : les règles strictes imposées aux réserves qui doivent garantir la valeur des stablecoins adossés à des devises fiat comme le dollar.

Que dit réellement MiCA sur les stablecoins ?

Pensez à un stablecoin comme un billet de banque numérique : pour qu’il garde sa valeur, l’émetteur doit détenir l’équivalent en réserves. MiCA, le règlement européen entré en vigueur progressivement depuis 2024, encadre cette pratique pour protéger les utilisateurs européens.

Le problème ? Le texte impose que ces réserves soient conservées dans des comptes bancaires, avec des seuils précis :

  • 30 % minimum des réserves doivent être détenues dans des banques européennes agréées
  • 60 % minimum doivent être placés en dépôts auprès d’établissements de crédit

Pour Circle et Tether, ces seuils sont quasi impossibles à respecter à grande échelle. Trouver des banques européennes prêtes à accueillir des milliards de dollars de réserves de stablecoins reste un défi majeur.

Pourquoi Circle et Tether contestent ces règles ?

Les deux entreprises dénoncent une situation contradictoire. Bruxelles leur demande de respecter des règles, tout en limitant l’accès aux infrastructures bancaires nécessaires pour s’y conformer. Résultat : les émetteurs étrangers risquent d’être exclus de facto du marché européen.

C’est tout le paradoxe de MiCA : vouloir réguler pour protéger, sans offrir les outils concrets pour que les acteurs non-européens puissent opérer légalement.

Bruxelles envisage une ouverture

La Commission européenne semble avoir entendu ces critiques. Elle examine actuellement la possibilité d’assouplir les règles pour permettre aux émetteurs étrangers d’accéder plus facilement au marché européen. Plusieurs pistes sont à l’étude, comme l’élargissement des types d’actifs éligibles pour les réserves ou la reconnaissance d’établissements hors UE.

Cette évolution est cruciale : l’USDT de Tether et l’USDC de Circle sont parmi les stablecoins les plus utilisés au monde, y compris par les utilisateurs européens.

Quels enjeux pour les investisseurs européens ?

Si les règles MiCA ne s’assouplissent pas, les utilisateurs en Europe pourraient voir l’accès à certains stablecoins majeurs limité. À l’heure actuelle, Tether a déjà annoncé qu’EURT et plusieurs de ses tokens ne seraient pas disponibles pour les clients européens. Circle, avec son USDC, reste mieux positionné grâce à sa conformité plus tôt.

Pour sécuriser vos cryptos en attendant les évolutions réglementaires, un wallet matériel comme Ledger vous permet de garder le contrôle total de vos actifs, indépendamment des décisions des émetteurs. Pour acheter ou échanger des cryptos en Europe, des plateformes comme Bitvavo ou Kraken offrent un cadre réglementé conforme aux normes européennes.

Conclusion

Le bras de fer entre les géants du secteur et les régulateurs européens ne fait que commencer. D’un côté, MiCA cherche à protéger les consommateurs ; de l’autre, Circle et Tether réclament un cadre opérationnel réaliste. L’issue de cette confrontation déterminera si l’innovation dans les crypto reste stable dans la majorité de l’écosystème, ou si l’Europe risque de voir son marché de stablecoins se fragmenter. À suivre de très près.

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