Chargement des cours…

Loi CLARITY : pourquoi les règles crypto des agences ne suffisent pas

⏱️ 4 min de lecture

Loi CLARITY : le Congrès américain veut reprendre la main sur la régulation crypto

Le débat sur la régulation des cryptomonnaies aux États-Unis vient de franchir une nouvelle étape. Mercredi dernier, French Hill, président de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, a affirmé haut et fort que les règles élaborées par les agences de régulation (la SEC et la CFTC) ne peuvent pas remplacer une véritable loi fédérale. Pour lui, il est urgent d’adopter la loi CLARITY, un texte censé poser un cadre clair pour l’ensemble de l’industrie crypto.

Cette sortie médiatique, diffusée sur Fox Business, montre à quel point Washington cherche à reprendre le contrôle d’un dossier que les régulateurs peinent à trancher depuis des années.

Pourquoi la loi CLARITY est-elle si attendue ?

Pour comprendre l’enjeu, imaginez une ville où chaque carrefour aurait ses propres feux de circulation. C’est un peu ce que vivent aujourd’hui les entreprises crypto américaines : elles naviguent entre plusieurs régulateurs, avec des règles parfois contradictoires. La loi CLARITY, dont le nom complet est « Digital Asset Market Clarity Act », vise à définir qui régule quoi.

Concrètement, le texte veut :

  • Préciser les compétences de la SEC (Securities and Exchange Commission) sur les actifs considérés comme des titres financiers.
  • Confier à la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) la supervision des crypto-actifs assimilés à des matières premières, comme le Bitcoin.
  • Établir des règles uniformes pour les plateformes d’échange, les courtiers et les émetteurs de stablecoins.
  • Offrir une protection juridique aux utilisateurs et aux investisseurs.

French Hill : les agences font du bon travail, mais c’est insuffisant

Interrogé sur Fox Business, le républicain de l’Arkansas a tenu à saluer le travail de la SEC, dirigée par Paul Atkins, et celui de la CFTC. Pour lui, les deux agences ont fait des efforts notables pour avancer. Mais leur action reste fragmentée : sans texte de loi, chaque décision peut être contestée devant les tribunaux, et l’incertitude persiste pour tous les acteurs.

Hill insiste sur un point fondamental : seul le Congrès peut voter une loi. Les agences, elles, sont limitées à l’interprétation des textes existants. Quand la technologie évolue aussi vite que dans la crypto, l’interprétation seule ne suffit plus. Il faut une base législative solide.

Un climat politique favorable, mais des obstacles persistent

Le contexte actuel joue plutôt en faveur de la loi CLARITY. Sous l’administration Trump, plusieurs élus des deux bords se sont déclarés favorables à un cadre réglementaire pro-innovation. Le sénateur Tim Scott et le président de la Chambre Mike Johnson ont déjà affiché leur soutien.

Cependant, plusieurs questions restent en suspens :

  • La définition d’un titre financier (security) : c’est le nœud gordien du dossier. Comment classer un token sans savoir s’il s’agit d’un titre, d’une matière première ou d’un nouveau type d’actif ?
  • Le sort des stablecoins : un projet de loi spécifique (le GENIUS Act) est aussi en discussion.
  • La structure du marché : faut-il une seule autorité pour superviser l’ensemble, ou maintenir une répartition entre SEC et CFTC ?

Ce que cela change pour les utilisateurs et les investisseurs

Vous vous demandez peut-être : « En quoi cette loi me concerne, moi qui possède simplement du Bitcoin ou quelques tokens ? » La réponse est simple : une régulation claire protège tout le monde.

Avec la loi CLARITY, les entreprises crypto sauront exactement quelles règles suivre. Résultat attendu : moins de faillites frauduleuses, des plateformes plus transparentes, et une meilleure protection de vos fonds. Pour sécuriser vos cryptos en autonomie, l’utilisation d’un portefeuille matériel comme Ledger reste la meilleure pratique, indépendamment de l’évolution réglementaire.

Pour ceux qui souhaitent acheter ou échanger des cryptos depuis l’Europe, des plateformes régulées comme Bitvavo ou Kraken offrent déjà des environnements conformes aux normes européennes (MiCA), ce qui donne un aperçu de ce que pourrait ressembler un cadre harmonisé comme celui proposé par CLARITY.

Et la France dans tout ça ?

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Union européenne a déjà adopté sa régulation MiCA (Markets in Crypto-Assets), entrée en application progressivement depuis 2024. Cette réglementation sert souvent de référence. Si les États-Unis adoptent un texte équivalent, l’écart entre les deux blocs pourrait se réduire, facilitant les échanges transatlantiques et l’arrivée de nouveaux produits crypto pour les investisseurs européens.

Conclusion : la clarté juridique, prochaine étape de la révolution crypto

La loi CLARITY n’est pas qu’un texte technique réservé aux initiés : c’est potentiellement le déclencheur d’une nouvelle phase pour l’industrie crypto aux États-Unis. En posant des règles claires, le Congrès pourrait enfin permettre aux entreprises américaines de innover sans crainte, et aux investisseurs de naviguer en toute confiance.

Reste à savoir si le calendrier législatif permettra un vote avant la fin de l’année. Une chose est sûre : tant que les lois n’auront pas remplacé les interprétations, l’incertitude restera le principal frein à l’adoption massive des cryptomonnaies.

⚠️ Divulgation : Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous cliquez et vous inscrivez, nous pouvons percevoir une commission sans frais supplémentaires pour vous. Nous recommandons uniquement des services en lesquels nous avons confiance. Les cryptomonnaies comportent des risques — faites toujours vos propres recherches (DYOR). Politique de divulgation →
Partager𝕏Twitter✈Telegram💬WhatsApp🔴Reddit