Le protocole Hyperliquid, spécialisé dans les contrats dérivés décentralisés, monte au créneau contre la nouvelle proposition réglementaire de la SEC (Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain). Selon lui, le texte contient des failles majeures qui pourraient piéger les développeurs Web3 et freiner l’innovation aux États-Unis.
Pourquoi Hyperliquid s’oppose à la proposition de la SEC
La SEC a récemment présenté une nouvelle grille d’analyse pour déterminer si un actif crypto est une valeur mobilière (security). Cette grille s’appuie sur plusieurs critères, dont la nature décentralisée du réseau et le niveau de contrôle d’une entité centrale. Mais pour Hyperliquid, la copie doit être revue.
Le protocole redoute qu’en l’état, la proposition crée une insécurité juridique pour les projets DeFi (finance décentralisée) et les développeurs de smart contracts. Une situation qui, à terme, pourrait pousser les talents à s’exiler vers des juridictions plus favorables.
Les 5 corrections critiques demandées par Hyperliquid
Dans sa lettre adressée à la SEC, Hyperliquid liste cinq ajustements jugés indispensables :
1. Clarifier le statut des protocoles réellement décentralisés
Le protocole demande que les plateformes sans émetteur identifiable ni équipe de contrôle soient clairement exemptées du statut de valeur mobilière. Aujourd’hui, la proposition reste floue sur ce point, ce qui place les projets DeFi dans une zone grise inconfortable.
2. Protéger les développeurs et validateurs de bonne foi
Hyperliquid réclame une safe harbor (zone de protection juridique) pour les développeurs et les validateurs qui construisent ou sécurisent un réseau sans en tirer profit. Sans cela, ils risquent d’être assimilés à des intermédiaires financiers involontaires.
3. Encadrer la notion de « contrôle centralisé »
La proposition actuelle utilise des critères flous pour définir ce qu’est un contrôle centralisé. Hyperliquid exige des seuils objectifs et mesurables, afin que chaque projet puisse savoir précisément s’il tombe sous le coup de la régulation.
4. Garantir la neutralité technologique
Le protocole souhaite que le règlement ne favorise pas un type d’architecture au détriment d’un autre. Une blockchain publique sans permission doit être traitée différemment d’une plateforme centralisée d’échange.
5. Instaurer un dialogue structuré avec l’industrie
Enfin, Hyperliquid appelle la SEC à ouvrir une consultation publique prolongée avec les acteurs du secteur, plutôt que d’imposer un cadre pensé sans retour de terrain.
Quel impact pour les utilisateurs et investisseurs crypto ?
Au quotidien, ces débats réglementaires peuvent sembler lointains, mais ils influencent directement la liquidité et l’innovation disponibles sur le marché. Si le texte reste en l’état, certains projets pourraient se délocaliser, privant les utilisateurs américains de nouveaux services financiers. Pour ceux qui veulent sécuriser leurs avoirs pendant cette période d’incertitude, s’équiper d’un wallet matériel Ledger reste une précaution essentielle. Pour le trading, des plateformes reconnues comme Kraken ou Bitvavo offrent des cadres réglementés rassurants.
Conclusion : une régulation encore en construction
La prise de position d’Hyperliquid illustre une tendance de fond : les protocoles DeFi ne veulent plus être de simples spectateurs face aux régulateurs. Les prochains mois diront si la SEC tiendra compte de ces cinq demandes. Une chose est sûre, le bras de fer entre Wall Street et la DeFi ne fait que commencer, et les arbitrages rendus dessineront le visage de la finance décentralisée pour la décennie à venir.



