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Hyperliquid et Circle pèsent sur la révision du MiCA

⏱️ 4 min de lecture

L’Union européenne prépare actuellement une révision du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), son cadre réglementaire majeur pour les cryptomonnaies. Deux acteurs majeurs du secteur viennent de soumettre des propositions remarquées : Hyperliquid, via son Policy Center, et Circle, l’émetteur du stablecoin USDC. Leurs positions, parfois opposées, dessinent les contours du futur crypto européen.

MiCA : un cadre en quête d’ajustements

Adopté en 2023 et progressivement appliqué depuis, le règlement MiCA vise à harmoniser la régulation des crypto-actifs au sein des 27 États membres. Il encadre notamment les émetteurs de stablecoins, les prestataires de services sur crypto-actifs (CASP) et la protection des consommateurs.

Avec l’expérience des premiers mois d’application, la Commission européenne a ouvert une consultation publique pour ajuster certains aspects du texte. C’est dans ce cadre que des acteurs comme Hyperliquid et Circle ont fait entendre leur voix.

Hyperliquid veut classer les perps sous MiFID II

Le Hyperliquid Policy Center, la branche politique de la plateforme de contrats à terme perpétuels (perps), a déposé un mémoire remarqué. Sa demande principale : que les produits dérivés crypto soient régulés par MiFID II, la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers, plutôt que par le seul règlement MiCA.

Concrètement, Hyperliquid propose que les perps soient traités comme des instruments financiers classiques. Cette approche aurait plusieurs conséquences :

  • Une supervision par les autorités de marché nationales (comme l’AMF en France)
  • L’application des règles existantes en matière de transparence, de reporting et de gestion des risques
  • Une interopérabilité accrue avec les marchés traditionnels

Pour les utilisateurs européens, cela pourrait signifier un accès plus encadré, mais aussi potentiellement plus sûr, aux plateformes de dérivés décentralisés. C’est un changement de paradigme important pour la DeFi, puisque Hyperliquid est l’une des plus grandes plateformes on-chain de perps.

Pourquoi cette demande est stratégique

En cherchant à intégrer le périmètre MiFID II, Hyperliquid obtient une reconnaissance officielle et accède à des passeports européens pour ses services. Cela faciliterait son expansion sur le continent, tout en rassurant les régulateurs sur la nature financière de ses produits. Pour les traders, cela implique aussi de passer par des plateformes réglementées comme Kraken pour certaines opérations.

Circle cible le plancher de réserves bancaires

De son côté, Circle s’attaque à un point précis du MiCA : l’exigence pour les émetteurs de stablecoins de détenir une partie significative de leurs réserves sous forme de dépôts bancaires. Cette règle vise à garantir la liquidité et la stabilité, mais elle est jugée problématique par Circle.

L’émetteur d’USDC argue que cette obligation crée une dépendance excessive au système bancaire traditionnel, qui peut lui-même devenir une source de risque (comme on l’a vu lors de la crise SVB en mars 2023). Circle propose de diversifier les actifs admissibles pour les réserves, en incluant notamment :

  • Des bons du Trésor américain à très court terme
  • Des fonds monétaires (money market funds) réglementés
  • Des actifs plus facilement accessibles en cas de stress de marché

L’enjeu est de taille : USDC est l’un des principaux stablecoins en circulation, et les règles européennes influencent son déploiement mondial. Pour les détenteurs européens, ces arbitrages détermineront la solidité réelle de leur stablecoin de référence.

Quels impacts pour les utilisateurs européens ?

Ces deux contributions, bien que différentes, révèlent une tendance de fond : l’écosystème crypto cherche à co-construire la régulation plutôt que de la subir. Pour les utilisateurs, plusieurs conséquences pratiques se dessinent :

Une plus grande clarté réglementaire

En classant clairement les perps et les stablecoins, l’UE pourrait réduire l’incertitude juridique qui freine aujourd’hui l’adoption. Les investisseurs sauront exactement à quelles règles se conformer, et les plateformes réglementées comme Bitvavo pourront proposer des services plus complets.

Une sécurité renforcée pour les stablecoins

Si la proposition de Circle est retenue, les émetteurs auront plus de flexibilité pour sécuriser leurs réserves. Cela pourrait renforcer la confiance dans les stablecoins adossés à l’euro comme l’EURC, en pleine expansion.

Un défi pour l’auto-garde

Pour ceux qui privilégient l’autonomie, ces évolutions réglementaires confirment l’importance de disposer d’un wallet hardware comme Ledger pour conserver ses cryptos en dehors des plateformes centralisées. Quelle que soit l’issue de la révision, le principe de souveraineté financière reste central.

Conclusion : vers un MiCA 2.0 ?

Les propositions d’Hyperliquid et de Circle illustrent la maturité croissante de l’écosystème crypto face aux régulateurs. Plutôt que de contester le MiCA, ces acteurs proposent des ajustements techniques qui pourraient renforcer à la fois la compétitivité de l’Europe et la protection des utilisateurs. La révision en cours est une opportunité unique de corriger les imperfections d’un texte pionnier, et l’UE semble prête à écouter les acteurs du marché. Pour les investisseurs, c’est le bon moment pour suivre ces évolutions de près et adapter leur stratégie en conséquence.

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