L’attente législative vient de prendre fin. Le CLARITY Act, tant attendu par l’industrie crypto américaine, est officiellement mort pour 2026. Le 15 septembre, le Sénat américain a échoué à atteindre la majorité des 60 voix nécessaires pour adopter la procédure de clôture (cloture), avec un score décevant de 49 contre 50. Un retard de 11 voix seulement, mais suffisant pour enterrer le texte cette année.
Pour autant, la régulation des cryptomonnaies aux États-Unis n’est pas au point mort. Bien au contraire. La SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) ont pris les choses en main en adoptant pas moins de neuf mesures concrètes de régulation, et ce, sans attendre le feu vert du Congrès. Un signal fort pour l’ensemble du secteur.
Pourquoi le CLARITY Act a-t-il échoué ?
Le CLARITY Act visait à clarifier un point crucial : qui, de la SEC ou de la CFTC, devait监管 les actifs numériques ? Cette question, pourtant fondamentale, divise profondément les élus depuis des années. La Chambre des représentants avait pourtant adopté le texte en juillet 2025, mais le Sénat n’a jamais réussi à rassembler une majorité qualifiée.
Résultat : pendant que les politiciens débattent, les régulateurs agissent. Et c’est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à l’industrie crypto, lassée d’attendre des réponses claires de Washington.
Les 9 mesures prises par la SEC et la CFTC pour réguler la crypto
Côté SEC : 4 initiatives majeures
La SEC, sous l’impulsion de sa nouvelle direction, a pris une série de décisions structurantes :
- Clarification sur les stablecoins : la SEC a précisé que les stablecoins adossés à des actifs liquides ne sont pas considérés comme des titres (securities). Une avancée considérable pour des projets comme l’USDC ou le USDT.
- Cadre pour le staking liquide : le staking de cryptomonnaies, y compris sous sa forme liquide (liquid staking), bénéficie désormais d’orientations plus claires, réduisant l’incertitude juridique pour des protocoles comme Lido.
- Directives sur les ETF crypto au comptant : la SEC a facilité l’approbation de nouveaux ETF Bitcoin et Ethereum au comptant, permettant à davantage de produits d’investissement d’arriver sur le marché.
- Encadrement des activités de custody : des règles plus précises ont été publiées pour les plateformes souhaitant offrir des services de garde de cryptomonnaies aux investisseurs institutionnels.
Côté CFTC : 5 actions réglementaires
La CFTC, de son côté, a intensifié son action sur plusieurs fronts :
- Lancement du Pilot Program pour le trading spot : un programme pilote permettant le trading au comptant de certains actifs crypto sur des plateformes régulées.
- Reconnaissance explicite de Bitcoin comme commodity : la CFTC réaffirme que le Bitcoin est une matière première (commodity), ce qui place son trading sous sa juridiction.
- Cadre pour les marchés prédictifs : des règles spécifiques pour les marchés de prédiction crypto, un secteur en pleine explosion.
- Supervision renforcée des exchanges dérivés : la CFTC intensifie ses contrôles sur les plateformes offrant des produits dérivés sur cryptomonnaies.
- Coopération transfrontalière renforcée : des accords avec d’autres régulateurs internationaux pour lutter contre la fraude crypto et harmoniser les pratiques.
Que signifie concrètement cette régulation pour les investisseurs crypto ?
Pour le commun des investisseurs, ces avancées se traduisent par plus de clarté et, paradoxalement, plus de sécurité. Les plateformes opérant sous la houlette de la SEC ou de la CFTC doivent désormais respecter des standards plus élevés en matière de transparence, de protection des fonds clients et de lutte contre le blanchiment.
C’est également une excellente nouvelle pour l’adoption institutionnelle. Les gestionnaires d’actifs, les fonds de pension et les banques hésitaient souvent à s’exposer aux cryptos en raison du flou juridique. Avec ces nouvelles régulations, le terrain devient plus praticable.
Pour stocker vos cryptos en toute sécurité, l’utilisation d’un portefeuille matériel comme Ledger reste la meilleure pratique. Et pour acheter ou échanger vos actifs numériques sur une plateforme régulée, vous pouvez vous tourner vers des acteurs reconnus comme Kraken ou Bitvavo, particulièrement populaire en Europe.
Vers une régulation crypto pragmatique plutôt que législative ?
Cette approche bottom-up, menée par les régulateurs eux-mêmes, pourrait bien devenir la norme. Au lieu d’attendre un texte de loi global souvent déformé par les compromis politiques, les agences fédérales démontrent qu’elles peuvent agir dans le cadre de leurs prérogatives existantes.
C’est un changement de paradigme majeur. L’industrie crypto américaine n’a plus besoin de supplier le Congrès pour avancer : la régulation se construit désormais au cas par cas, action par action. Une méthode plus lente ? Peut-être. Mais infiniment plus concrète que des années d’attente législative.
Conclusion : la régulation crypto avance, sans le Congrès
Le CLARITY Act est mort, vive la régulation par l’action. La SEC et la CFTC ont prouvé en quelques mois qu’il était possible de faire avancer le cadre réglementaire crypto sans dépendre exclusively du pouvoir législatif. Pour les investisseurs, c’est une bouffée d’air frais : plus de clarté, plus de sécurité, et surtout, plus d’incitations à entrer sur ce marché en pleine maturité. Reste à surveiller comment l’industrie et le Congrès réagiront à cette nouvelle donne en 2026.



