Le débat autour du CLARITY Act se résume aujourd’hui à une question simple : les Américains vont-ils continuer à déposer leur argent dans les banques traditionnelles, ou préfèrent-ils détenir des stablecoins adossés au dollar, souvent assortis de programmes de récompenses attractifs ? À la veille du vote au Sénat, prévu mardi, huit organisations bancaires ont adressé une demande commune aux législateurs pour qu’ils encadrent plus strictement les incitations liées aux stablecoins.
Pourquoi les banques s’inquiètent-elles ?
Leur argument est direct : lorsque les dépôts bancaires quittent les établissements traditionnels au profit de stablecoins offrant des rendements, c’est tout le modèle du crédit américain qui en pâtit. Les banques utilisent l’argent déposé par leurs clients — ce qu’on appelle les dépôts à vue — pour accorder des prêts aux entreprises et aux particuliers, financant ainsi une grande partie de l’économie réelle.
Si une partie significative de ces fonds migre vers des stablecoins rémunérés, les banques redoutent une érosion de leur base de dépôts, et donc de leur capacité à prêter. À terme, cela pourrait entraîner une hausse des taux d’emprunt pour les ménages et les entreprises.
Que propose le CLARITY Act ?
Le projet de loi vise à clarifier la compétence réglementaire entre la SEC (marchés financiers) et la CFTC (matières premières) sur les actifs numériques. Mais son volet le plus débattu concerne précisément la législation des stablecoins : qui peut les émettre, sous quelles conditions, et surtout, quelles récompenses peuvent être offertes aux utilisateurs.
Pour les banques, les programmes de récompêtes des stablecoins — parfois comparés à des « comptes d’épargne crypto » — confèrent un avantage concurrentiel déloyal. Elles réclament donc des garde-fous supplémentaires, notamment l’interdiction de verser des intérêts directs aux détenteurs.
Les stablecoins, un rival sérieux ?
Pour comprendre l’enjeu, il suffit de regarder les chiffres. Des stablecoins comme l’USDC ou l’USDT circulent déjà pour plus de 200 milliards de dollars dans l’écosystème crypto. Beaucoup proposent des rendements annuels de 3 à 5 %, bien au-dessus de nombreux comptes d’épargne traditionnels américains.
Pour un épargnant, l’équation est tentante : détenir un actif stable, indexé sur le dollar, accessible 24h/24 depuis un portefeuille numérique, tout en générant un rendement. C’est précisément ce scénario qui fait trembler le secteur bancaire.
Quelle position pour les utilisateurs crypto ?
Les acteurs de l’industrie Web3 défendent, eux, la liberté de choix. Selon eux, les récompenses ne sont pas du crédit, mais une forme de partage des frais ou de rendement issu de protocoles de finance décentralisée (DeFi). Ils craignent qu’une régulation trop sévère n’étouffe l’innovation et ne pousse les utilisateurs vers des plateformes étrangères, hors de portée du régulateur américain.
Que retenir avant le vote ?
Le vote du Sénat sera déterminant pour l’avenir des stablecoins aux États-Unis. Trois scénarios se dessinent :
- Une régulation stricte favorable aux banques, limitant les récompenses ;
- Un compromis autorisant certains rendements sous conditions ;
- Un report du vote pour approfondir les débats.
Pour les investisseurs, c’est le moment idéal pour sécuriser ses actifs sur un portefeuille autonome comme Ledger, et pour ceux qui souhaitent acquérir des stablecoins via une plateforme réputée, Kraken ou Bitvavo offrent une entrée simple et régulée. Quelle que soit la décision du Sénat, une chose est sûre : les stablecoins sont désormais au cœur du débat monétaire américain.



