Le 10 septembre, la ville d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique, a pris une décision radicale : interdire tous les distributeurs automatiques de cryptomonnaies (crypto ATMs) sur son territoire. Avec l’ordonnance O-26-49, baptisée « Virtual Currency Ordinance », la municipalité devient l’une des plus restrictives des États-Unis concernant l’accès aux cryptomonnaies physiques.
Pourquoi Albuquerque a-t-elle banni les crypto ATMs ?
Selon la conseillère municipale Stephanie W. Telles, co-sponsor de l’ordonnance, 90 % des transactions effectuées via ces machines étaient liées à des activités frauduleuses. Aux États-Unis, les crypto ATMs (ou kiosques Bitcoin) permettent aux utilisateurs d’acheter des cryptos en espèces, souvent sans vérification d’identité approfondie. Cette simplicité attire malheureusement de nombreux escrocs.
Le phénomène est en pleine explosion : selon les données de la Federal Trade Commission, les pertes liées aux distributeurs crypto aux USA dépassent 110 millions de dollars par an. Les arnaques les plus fréquentes incluent :
- Les faux supports techniques (faux techniciens Microsoft, Apple, etc.)
- Les arnaques amoureuses (les victimes achètent des cryptos pour un prétendu partenaire)
- Les faux agents gouvernementaux exigeant un paiement en crypto
En interdisant purement et simplement ces machines, Albuquerque choisit la manière forte : stopper l’offre plutôt que tenter de mieux la réguler.
Que dit concrètement l’ordonnance O-26-49 ?
Le texte voté par le conseil municipal est particulièrement large. Il interdit :
- L’installation et l’exploitation de distributeurs automatiques de cryptomonnaies
- Les services de transactions crypto facilités par un caissier (dans un commerce de proximité, par exemple)
En clair, même si une petite épicerie proposait d’acheter du Bitcoin en passant par son comptoir, ce serait désormais illégal à Albuquerque. Les contrevenants s’exposent à des sanctions et amendes.
Que faire si vous utilisez des crypto ATMs ?
Si vous êtes résident d’Albuquerque ou si vous voyagez dans une ville avec des restrictions similaires, voici quelques alternatives plus sûres pour acheter vos cryptomonnaies :
1. Passer par une plateforme d’échange régulée
Des plateformes reconnues comme Kraken ou Bitvavo proposent un environnement sécurisé avec vérification d’identité obligatoire (procédure KYC). C’est plus contraignant, mais c’est aussi la meilleure protection contre le blanchiment et les escroqueries.
2. Utiliser un portefeuille physique (hardware wallet)
Une fois vos cryptos achetées, ne les laissez jamais sur la plateforme de manière d’expérimentée. Transférez-les vers un portefeuille matériel comme un Ledger, qui conserve vos clés privées hors ligne, à l’abri des piratages.
3. Se former avant d’investir
La meilleure protection reste la connaissance. Avant tout achat, comprenez ce qu’est un token, ce qu’est un wallet, et familiarisez-vous avec les signaux d’alerte d’une arnaque (promesses de rendement garanties, urgence artificielle, demandes de confidentialité, etc.).
Une tendance nationale aux États-Unis
Albuquerque n’est pas un cas isolé. Plusieurs villes et États américains prennent des mesures similaires face à la recrudescence des arnaques liées aux crypto ATMs. Le Massachusetts, par exemple, a adopté des lois exigeant une licence spécifique et un plafond de transaction pour ces machines. Austin, Spokane et d’autres municipalités ont également resserré la vis.
Côté européen, la tendance est différente. Les crypto ATMs restent largement autorisés dans l’UE, encadrés par la réglementation MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui impose des normes strictes aux prestataires de services sur actifs numériques. Pour les utilisateurs français et européens, il est donc essentiel de distinguer les pratiques locales américaines de leur propre cadre réglementaire.
Les limites de l’interdiction pure
Si la mesure peut sembler justifiée au vu de l’ampleur de la fraude, certains observateurs pointent un risque : pousser les utilisateurs vers des canaux encore moins régulés. Une personne souhaitant acheter du Bitcoin à Albuquerque pourra toujours se tourner vers des plateformes peer-to-peer non régulées, voire le dark web.
L’éducation financière et la sensibilisation restent donc les armes les plus efficaces à long terme contre les arnaques crypto, plus que l’interdiction pure et dure d’un canal d’achat particulier.
Conclusion
L’interdiction des crypto ATMs à Albuquerque marque un tournant dans la régulation locale américaine. Si vous êtes concerné ou simplement prudent, privilégiez toujours des plateformes d’échange régulées, stockez vos cryptos sur un portefeuille matériel, et restez vigilant face aux tentatives de fraude. Le monde crypto offre des opportunités réelles, à condition de naviguer avec méthode et sécurité.



